27.11.2007
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16.10.2007
Chronique #7
Faut-il croire les mimes sur parole? – Céline Robinet
Par Antoine, pour CiteG
[Dans un futur proche, l'entité éditoriale « Diable Vauvert », en charge de la gestion stratégique des nouvelles ressources littéraires, développe une arme verbale dotée de sa propre conscience à l'aide d'une intelligence artificielle auto-évolutive. Devenu autonome, cette nouvelle arme, baptisée « Céline Robinet », se lance dans une véritable quête afin d'éradiquer la littérature fadasse.]
Ça pourrait être le synopsis d'un film, et pourtant, il s'agit là du parcours atypique d'une nouvelliste de talent, Céline Robinet. Née en 1977 du côté de Valenciennes, la jeune femme avait d'abord fait parler d'elle avec une première salve en 2005, son recueil Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur.mais prévenez les autres ! Elle revient avec un nouvel opus, Faut-il croire les mimes sur parole ? , mélange d'audace et de poésie, saturé d'un cynisme bienheureux.
Il y a chez les nouvellistes, et a fortiori chez Céline, un côté Terminator. Précis. Efficace. Cartouches de cynisme accrochées à la ceinture, un humour aiguisé bien rangé dans son étui, chaque munition est vouée à atteindre la cible avec un enthousiasme sûr et millimétré. Les premières victimes sont achevées à la plume : personnages qu'elle manipule à sa guise dans des histoires décalées et inattendues. Les jeux de mots y sont imparables, et les embûches tendues sur le parcours de ces gens ordinaires n'en sont que plus extraordinaires, jamais sadisme n'aura été plus salutaire. Puis vient le tour du lecteur, plaisir jouissif à se retrouver dans la peau d'une Sarah Connor innocente au moment d'ouvrir la porte à cette écriture singulière et aiguisée. Toc toc. « Sarah Connor... ? », « Ouiiiii... ? ». On en sourit presque, l'instant d'après, à se retrouver sur le pas de notre porte, criblés de métaphores, tant les images et les mots sont recherchés et pointus, tant l'humanité y est vraie et toxique.
Avant de rendre un dernier souffle, votre doigt tremblant va pour écrire un message lugubre sur le carrelage. Trop tard. La place est déjà prise. Céline Robinet, accroupie dans la flaque rouge grandissante, y raconte probablement vos dernières heures. soyez rassurés, vous pouvez vous éteindre tranquille, parole de mime !
« Quand j'étais petite, je croyais que pour le ski nautique, il fallait des lacs en pente. À la mer, je buvais allégrement la tasse en rêvant avoir trouvé la source de jouvence. Après tout le sel conserve la viande. Les médecins devraient y penser dans les hospices. Et puis j'étais convaincue qu'en laissant fondre les flocons de neige sur ma langue, j'allais avoir accès aux souvenirs des montagnes, des arbres, des pierres, des groseilles, des biches, des autres êtres humains, bref de l'existence toute entière. »
Prix éditeur : 17,50 euros
Editeur : Diable Vauvert
Date de parution : 09/2007
ISBN : 978-2-84626-127-2
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28.09.2007
Portrait #1 Virginie Despentes
Virginie Despentes, autopsie d'une alternative
Par Antoine, pour CiteG
« Il y a des hommes plutôt faits pour la cueillette, la décoration d'intérieur et les enfants au parc, et des femmes bâties pour aller trépaner le mammouth, faire du bruit et des embuscades » - Virginie Despentes - King Kong Theory
Elle est de celles, comme elle dit. « J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf ». Elle écrit là mais de partout. Les yeux loin au-dedans. Portraits de femmes et d'hommes qu'elle aligne dans ses romans, blessés, friables, et pour autant pas chiants, des personnages pas épargnés mais fondamentalement insoumis. Belle alchimie de désespoir et de révolte. Et ça force le respect, ce malaise là saisi directement à la gorge et qu'elle achève sous des litres d'encre. Elle écrit de cette cassure, habitée par la fêlure ou l'habitant toute entière, c'est selon. Dans cet interstice exigu, dans lequel il serait simple de basculer d'un côté ou de l'autre, Virginie Despentes maintient l'équilibre. « Je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n'échangerais ma place contre aucune autre, parce qu'être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n'importe quelle autre affaire ». Et comment.
Considérée encore aujourd'hui comme une figure emblématique du nouvel élan rencontrée par la littérature française dans les années 90, loin des cultures académiques et pompeuses, l'auteur à l'aura de rock star, longtemps baptisée « l'auteur de Baise-moi », est la continuité logique et sûre d'une énergie populaire et décomplexée, entraînant dans son sillage une mouvance d'auteurs nourris de musique rock et de culture urbaine.
Ses romans au style oral et franc se nourrissent d'une sensibilité écorchée et d'une réalité brutale. Grammaire fracturée, vocabulaire organique, thématiques crues et heurtées, c'est tout naturellement qu'elle devient, en quelques publications, une véritable reine de la littérature trash.
De la bio que donne son éditeur on apprendra ceci : « Candidate libre au bac, Virginie Despentes a fait tous les métiers : femme de ménage à Longwy, hôtesse dans un salon de massage à Lyon, pigiste pour des journaux rock et porno ou vendeuse au rayon librairie du Virgin Megastore à Paris ».
Fille unique de fonctionnaires tranquilles, elle brave les interdits familiaux en devenant l'égérie d'une génération qui en a marre d'entendre les mêmes bobards et qui est obligée de dessiner la même vision du bonheur depuis la maternelle. Elle dépeint un monde malsain et sans concession, univers aux cent pas, le long des trottoirs et derrière les portes closes. Le viol, les coups, la violence retournée contre soi ou vers l'extérieur, les blessures que l'on inflige, les envies irrépressibles, sexualités transgressives, désirs inassumés : l'humanité primale qu'on se refuse. Et que d'un coup, ne pas être capable, ne pas pouvoir, ne pas savoir, s'autoriser doucement. S'agit de ne plus culpabiliser de n'être que ce qu'on est. C'est la naissance d'une alternative au consensus ambiant.
Malgré et sans doute à cause d'un talent incontestable pour frapper ferme en dessous de la ceinture et décrire les failles et les faiblesses de la société qui l'entoure, les débuts furent évidemment difficiles. Faire accepter une écriture si peu complaisante impliquait une révolution des mentalités, et a probablement marqué une étape dans la politique éditoriale de certaines maisons d'éditions. Les refus pleuvent, mais un nouvel éditeur, Florent Massot, soutient ce ton singulier. La polémique n'a pas traîné : là où certains ont vu en Despentes un véritable phénomène culturel, d'autres ont parlé de « littérature vidéo », une littérature creuse qui se contenterait de rapporter un monde glauque où le sexe ne serait qu'un outil facile. Rejet. Procès d'intention. Le même geste toujours et depuis la nuit des temps : tourner la tête, ne pas concevoir. C'est le lynchage médiatique.
Très vite taxée d'une image de scandaleuse après la sortie de son premier roman, le sulfureux et injecté Baise-moi, elle a su démontrer qu'au-delà du scandale annoncé, prenait forme sous sa plume un véritable propos. Dans ce roman notamment, la « désobéissance » est totale. Beaucoup aurait attendu d'une jeune femme de la vingtaine un roman sur son premier chagrin amoureux, plein de théories en rose et bleu, elle livrera le récit d'une destruction fulgurante de soi et de ses acquis, où sa plume éclate les interdits et s'engage afin de mettre à jour une société où les discriminations sexuelles et les abus sont incontestables. L'impact dans le mental de ses nombreux détracteurs est d'autant plus violent, qu'elle met en avant des mécanismes fatalement humains. Despentes devient « l'homme à abattre », ou plus bêtement la femme à soumettre. Mauvaise pioche, son stylo s'essouffle moins vite que les mauvaises langues.
Virginie Despentes, malgré la polémique, ne s'arrêtera pas en si bon chemin, en 1996 paraît son second roman, Les chiennes savantes aux éditions Florent Massot, un succès qui la confirme en tant qu'écrivain. En 1997, son troisième opus les Jolies Choses chez Grasset, lui vaut la récompense du Prix de Flore en 1998 et le prix St Valentin en 1999. C'est d'ailleurs cette même année que parait Mordre au travers, aux éditions Librio, son recueil de nouvelles au succès phénoménal. Suit en 2002 Teen Spirit aux éditions Grasset puis en 2004 bye bye Blondie, suivi deux ans plus tard de King Kong Theory. C'est au travers de ses succès, de ses récompenses, et du soutien inconditionnel de ses lecteurs, qu'en véritable auteur de talent, Virginie Despentes a su s'imposer. Non seulement elle, mais sa vision du monde, assurément.
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26.08.2007
Bande-annonce "Je reviens de mourir"
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21.08.2007
EALO n°2
Daisy Nepsy pointe timidement le bout du nez, un numéro annoncé pour fin septembre/début octobre. Une illustration de Marie Meier, des textes inédits d'Arno Bertina (Eds Verticales) et de Mark Maggiori (Eds Hugo & Cie), et ceux de 14 auteurs venus des scènes littéraires alternatives, auteurs de premier roman ou en quête d'éditeur.
Le "Diamant Daisy", d'après l'héroïne de chanson de Martin Rappeneau, 15 facettes, 15 vies, 15 visions de ce qu'est en 2007 une héroïne littéraire.
L'aventure continue.
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17.07.2007
Chronique #6
Bienvenue à Bathory – Isabelle Zribi
Par Antoine, pour CiteG
On prononce le nom de Bathory comme un cri. S’y joignent ceux des six cent cinquante jeunes femmes qu’elle aurait fait torturer et tuer. Et puis pour la légende, on se souvient aussi qu’elle prenait son bain dans leur sang. Rituel sensé lui permettre de conserver sa beauté et sa jeunesse. Le jour de son arrestation, on la trouva au milieu d’une orgie sanguinaire, où des dizaines de jeunes femmes agonisaient, corps lacérés par les supplices infligés. Ce même jour on exhuma les corps de dizaines d’autres dans les sous-sols. Serial killer quasi mythologique, Erzébeth Bathory est morte en 1614.
Le personnage est planté. Maintenant oubliez la…
Aujourd’hui la comtesse sanglante s’appelle tout simplement Erzsebet. Icône new age, prêtresse démesurément mystérieuse, principale actionnaire de la principauté de Bathory où elle exerce son pouvoir, là bas « aux confins de l’europe de l’est ». Réincarnation fictionnelle du mythe, Erzsebet cultive son jardin des délices. L’aura des belles plantes qui peuplent les lieux pour principale source de jouvence. S’organise une société où « tous les habitants sont des Elles, qui s’habillent, s’épilent et se prénomment au féminin ». Dur de ne pas croquer la pomme de cette Eden ressuscité : on s’y adonne à une sexualité décomplexée, au culte de l’apparence, on vit ici avec l’envie de ne jamais plus en partir. Le paradis alors ? Pas si sûr. La papale Erzsebet laisse ses filles s’épanouir, belles et libres, herbes un peu folles qui dégénèrent sous les eusses et coutumes particulières imposées par cette despote étrange. Des rumeurs circulent, des murmures, des voix qui s’étouffent. Venu pour réaliser un article, Nicolas devenu une Nico, se retrouve dans les sables mouvants de ce nouveau paradis : et si l’envers du décor abritait la tanière du monstre ? Pire, et si c’était cette société du plaisir qui s’avérait monstrueuse et inhumaine ? Qui tue qui, finalement ?
Le parcours d’auteur d’Isabelle Zribi croise celui d’éditeurs audacieux (les regrettées éditions Comp’act, ou encore les nébuleuses Verticales), véritables laboratoires de la langue française, dont la particularité est de descendre dans les gouffres de la littérature pour en ramener des écritures organiques et inventives. Pas étonnant donc de découvrir au long du récit un ton incarné et singulier qui génère un vocabulaire très atypique. Sorte de langage hybride craché par le mental, prolongement des gestes de ses personnages et de leur environnement, Isabelle Zribi cherche la fusion des champs lexicaux pour illustrer la pression consumériste et aliénante de Bathory. Chaque page appuie le portrait de cette matriarche dingue, mais qui au-delà du personnage d’Erzsebet s’applique à recouvrir de son ombre gigantesque l’ensemble de cette société aux allures idéales. Critique virulente d’un système gangrené de marketing et de paraître, Isabelle Zribi brûle du bout de son stylo la tête molle de ces sangsues mentales qui nous vampirisent continuellement. Le mythe de la comtesse sanglante devient ici prétexte à débusquer un serial killer bien plus grand, et à déterrer les corps de ses victimes encore vivantes : allumez vos télés, ouvrez vos volets, regardez les vitrines, les étalages, feuilletez les magazines, vous le voyez partout ce monstre sanguinaire, nourri de l’énergie des rues et du désespoir. Vous vivez à l’intérieur. C’est ce miroir de pages noircies, braqué sur notre propre société, que l’auteur nous tend.
Prix éditeur : 15,50 euros
Editeur : Verticales
Date de parution : janvier 2007
ISBN : 2070782670
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Chronique #5
Adieu la chair – Julia Kino
Par Antoine, pour CiteG
Une croix rouge délimite la source de l’ennui avec précision. Here. C’est comme ça qu’ils l’appellent. La ville dans laquelle ils grandissent. « Ils » c’est Anjelina, Ingo de Ring, Bianke, Aberdeen, Cœur-coupant et Malt. Ils ont entre seize et dix neuf ans. Leur adolescence infligée au reste de la ville comme la chute d’une météorite, ça tombe un jour du ciel, vitesse phénoménale avec laquelle se joue le drame : ils tuent. Sans raison. Sans plan précis. Comme ça pour voir, et puis très vite, parce que la suite s’impose dans l’élan.
S’en suit la fuite loin de Here, parce que ce serait simple d’y être découverts. Mais la bande de potes ne supporte pas d’autre percée dans l’atmosphère. Tout se disloque dans une cavale à Budapest. Les liens, la solidarité. C’est de la porcelaine balancée contre un mur. Anjelina reste là, fil conducteur de ce journal « à postériori » de l’apprentissage dingue de la vie, de l’amitié, de soi.
« Adieu la chair » est le premier roman de Julia Kino, 20ans. Vous tournez les premières pages, sûr et certain qu’à vous on ne la fait pas. Elle a 20 ans quoi. Pis ça doit être un livre de fille quoi. Trop occupé à regarder droit devant, vous ne remarquez pas que la miss s’est glissée derrière vous et qu’elle bloque la sortie. Les bruits sourds que vous entendez à une cadence régulière ne sont pas les battements de votre cœur, mais le bruit de la barre de fer qu’elle cogne calmement dans la paume de sa main. Métronome brutal sur lequel elle a calqué le rythme de son écriture. Plus vous avancez, plus la plume est musclée et tendue. Vous lui appartenez.
Energie assurément constitutive de son écriture, Julia Kino a fait ses armes dans le slam et les paysages urbains. De la froideur du bitume et de sa sensibilité frontale, nait une écriture singulière, où chaque mot est craché comme après un combat. Rien n’est prononcé qui ne soit pas essentiel. Nous, lecteurs abreuvés d’une énergie franche et difficilement falsifiable, on imagine que Julia ressemble à son roman : entière et toute en collisions.
On dira de « Adieu la chair » qu’on y distingue les effluves d’un « Orange Mécanique » (le film culte d’Anthony Burgess) littéraire, subtilement suggéré au mental par les nuances de la couverture. Mais le cœur d’Anjelina saigne, l’Orange est organique. C’est là que l’originalité cogne. Un cri émerge avec rage de la succession de phrases courtes et haletantes avec lesquelles l’auteur compose son récit. La violence du texte est d’autant plus ébranlante qu’elle est humaine et sincère, sans concession. Sa vision de la vie, assurément.
Prix éditeur : 9 euros
Editeur : Sarbacane
Collection : Exprim’
Date de parution : 03/2007
ISBN : 284865158X
http://www.exprim-forum.com
Petit plus : Un texte inédit de Julia Kino, « Mes petits garçons », dans le volume 1 de la revue En attendant l’Or.
21:30 Lien permanent | Envoyer cette note
12.07.2007
Court métrage "Alice"
Extrait :
"Ce soir encore, Alice a essayé. Faire la vie belle et souriante, conne légère de magazine. Ne pas s’approcher trop près du bord de la falaise. Peine perdue. Un peu de musique, quelques verres, puis de longues tentatives devant la télévision, de faire rentrer quelques bulles à l’intérieur du crâne. Hélium calibré des séries de M6, qui font gonfler la tête et s’envoler les gens à travers de beaux rêves. Elle a rempli sa soirée, l’a coloré, essayant juste de ne pas souffrir de la même chose encore, de ne pas se rendre compte. Autour d’elle le vide, et ce soir ne faisait pas exception, elle était là comme en dehors des choses, inexistante. Et peut être ça tenait vraiment à peu de choses, l’idée que oui demain c’était important de se lever et d’essayer encore. Une phrase à la télé, la bonne réplique, le bon mot. Un appel sur le portable. Alice n’attendait plus de coups de téléphone depuis longtemps, n’imaginait plus qu’on puisse venir frapper à sa porte, ça faisait des mois qu’elle n’avait pas partagé un vrai moment avec qui que ce soit. Fille chiante à en crever qui donne même pas l’envie. L’idée même de sortir prendre un verre lui semblait fantaisiste, elle n’avait personne à appeler. Personne. Ça a commencé comme ça, comme la naissance d’un fantôme. C’est né un jour derrière les côtes, dans les profondeurs du dedans, puis très vite ça s’est étendu et c’est venu remplir le corps. Alice n’existait plus."
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29.06.2007
Chronique #4
Raison basse – Collectif (Les caméras animales)
Par Antoine, pour CiteG
On ouvre l’ouvrage, on prend une ligne. Ici pas de poudre aux yeux, chaque gramme vaut son pesant d’audace. Mais pas question de s’enfoncer dans le confort d’un gentil shoot pépère. La bouffée délirante survient en rafale, jubilatoire et libératrice, tant l’objet qu’on tient dans les mains revêt des formes fécondes.
La faute à trente auteurs, réunis par les éditions Caméras Animales, au terme d’un travail de sélection minutieux mené depuis 2005, à travers le net, les revues et autres méthodes alternatives.
[ZOOM – Il y a longtemps] Les dinosaures ne jouent pas loin. Organismes littéraires barbotant dans le jus de la création, pas encore pourvus de genre et de raison, mais largement bien lotis à la loterie de l’évolution culturelle. Des mots se mangent entre eux jusqu’à l’indigestion, imposant le consensus tranquille permettant à chacun de s’épanouir mollement. Des scientifiques littéraires, œuvrant dans « une cellule de recherche sur les devenirs multiples de l’écriture » parviennent à remonter le temps et à plonger leurs mains dans cette boue verbale. Ils vont en extraire trente prélèvements, sans caractéristique commune autre que cette nature organique, protéiforme et vive qui génère l’écriture. Ils les mettent ensuite à l’abri, leur donnant les pages pour exister sans antagonismes mais dans un pur souci d’exploration de leur conscience propre. Trente textes donc, dont les singularités rappellent que les atomes de la littérature sont constitutifs d’une seule et même matière, celle du nous qui s’accouche au terme de l’ouvrage. « Raison Basse souhaite définitivement entériner la mort de genres littéraires périmés depuis longtemps ».
Raison basse est un retour aux origines, directement dans la flaque. Là où la possibilité des choses se joue encore. Sursauts vigoureux d’espoir d’une littérature contemporaine trop souvent fadassée par un système sclérosé, Raison basse est un manuel de désapprentissage à l’égard du lecteur moderne, un guide de survie pour qui a écouté d’une oreille démesurément attentive ses cours de français bien trop carrés. L’écriture contemporaine vit, pour qui sait « dé-lire ». Nécessité fondamentale de rendre sa liberté à une création cadenassée, Raison basse est un recueil utile. Utile et essentiel pour les auteurs de demain qui sauront s’autoriser.
+++Antoine
Prix éditeur : 16 euros
Editeur : Caméras Animales
Date de parution : 15/05/2007
ISBN : 2-9520493-5-1
www.camerasanimales.com
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13.06.2007
Chronique #3
"Je sais que je ne suis pas seul" - Alexis Brocas
Romain est un garçon torturé, qui trouve l’apaisement dans les drogues, l’œuvre de Bret Easton Ellis, et les délires avec son pote Aymeric. « Dix sept ans et dix sept cent boutons », pas le droit de se plaindre puisque les pieds dans la bonne vie, c’est au-dedans que le décor s’effondre continuellement, sabordé par ces moments de l’adolescence qui échappent à tout contrôle. La vie dans une pension austère génère cette sensation de malaise permanent qui se formule la nuit dans son sommeil, où il s’échappe à travers des rêves dévorés de ténèbres inconscientes et organiques. Alternance d’une douceur froide et mélancolique avec un incendie brutal, les deux instances coexistent sans qu’on ne sache bien laquelle des deux tient l’autre. Quand les ténèbres prennent le pas sur le mental, plutôt que de courir et se mettre à l’abri, Romain s’avance d’un pas sûr dans le cauchemar et l’imaginaire. Loin de tout et pourtant, là bas plus qu’ailleurs le jeune garçon se sent vivre.
« Je sais que je ne suis pas seul » est le premier roman d’Alexis Brocas. Roman qui aurait pu être un recueil de nouvelles, si le tout n’avait pas été savamment lié par les scènes de quotidien d’un jeune adolescent perturbé tentant de reprendre son souffle. Véritables récits initiatiques, chaque nouveau rêve du garçon explore les différentes facettes de la solitude et du mal être, à travers les vies d’une galerie de personnages résonnant comme autant d’archétypes déments (la femme cachalot, la rock-star infernale, ... ).L’autopsie de l’auteur révèle un attachement aux univers de Bukowski, de Lovecraft, de Kerouac ou de Poe d’un point de vue viscéral, ce qui n’est pas surprenant tant les obsessions douloureuses et noueuses sont communes dans le souffle. Alexis Brocas restitue avec une efficacité impeccable ce qu’il a hérité de son attachement à la littérature américaine : une énergie fantasmatique accolée à une réalité cassante. Il nous invite à une étrange messe noire, où les démons invoquent les vivants, où les cauchemars convoquent la réalité, où le fantastique sonne terriblement vrai. « Je sais que je ne suis pas seul » claque comme un aveu intime et aliénant dans une nuit qui ne s’achève pas avant la dernière page.
+++Antoine
Prix éditeur : 8,50 euros
Editeur : Sarbacane (collection Exprim’)
Date de parution : mars 2007
ISBN : 2848651571
http://www.exprim-forum.com/
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Chronique #2
"Devenir mort" - Christophe Paviot
Par Antoine, pour CiteG
A la mort de son fils, une mère part à N.Y faire le tri de ce qu’il reste de lui, administrativement et humainement. Dans son appartement se plante un décor étrange, où le fils n’est pas le fils et où la mère n’est plus la mère. Une rencontre se passe, celle de deux réalités, et comment l’amour le plus évident peut reposer sur une imposture obligée et nécessaire.
La mère est un ventre immense, rond comme la terre, et le fait que le fils soit allé vivre à NY ne fut qu’un coup de pied à la surface de cette croûte maternelle. Sans cesse le cordon tendu par-dessus l’océan, comme une laisse organique. La mère voit le fils grandir de telle et telle façon, si bien qu’elle ne sait pas qui il est avant de ne conserver de lui que de vagues poignées d’eau. Le fils mort, elle peut distinguer ce qu’il en reste, ce qu’elle sait vraiment de lui.
« Devenir mort ». Devenir soi. Impérialisme souverain des disparus à cracher leur vérité froide. Ainsi, au même titre que la symbolique qui consiste à « tuer ses parents » pour exister tel qu’on est, il faudrait « tuer le fils » pour l’aimer tel qu’il est. Elle s’y attèle, doucement, avec application. Décortique ce fils étranger et fait la mise au point nécessaire pour en ressentir la moindre particule. Ce qu’elle y distingue ? Un homme gorgé de pulsions étranges et d’angoisses violentes, mental saturé d’une vie difficile à comprendre quand on l’a nourri au biberon. Elle appose lentement le calque. C’est lui qui se met à nu à travers sa disparition.
Premier des romans de Christophe Paviot biographiquement assumé (l’auteur pousse l’honnêteté de la démarche jusqu’à poser torse nu en couverture), « Devenir mort » trace le récit d’un fils prêt à écrire sa mort pour donner sa vérité, cri d’amour troublant à une mère et ce besoin d’être vu soudain. A travers ce portrait se dévoile à contre jour l’humanité et la légitimité d’une tendresse pudique : doucement les mots tissent un amour vrai et inconditionnel, loin de la pression d’une logique filiale mais simplement d’un individu à un autre.
Sur les lieux du crime, des témoins muselés par l’absence de corps et d’assassin. Avec « Devenir mort », Christophe Paviot orchestre sa disparition et invente le meurtre utile. Un aveu de vie.
+++Antoine
Prix éditeur : 18 euros
Editeur : Hachette Littératures
Date de parution : 10/01/2007
ISBN : 9782012372481
http://www.christophepaviot.com
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Chronique #1
"La dernière fille avant la guerre" - Chloé Delaume
Par Antoine, pour CiteG
La plume est là. Incisive. Corrosive. Maladive aussi, tellement le bouillonnement est fiévreux et obsessionnel. Vous lisez quelques lignes, l’écriture s’insinue dans le mental par une rythmique implacable. Les battements du cœur ont cette grammaire étrange et hoquète les syllabes. Sans cesse l’œil s’écorche sur une poésie froide et chirurgicale. Vous ne le savez pas encore, mais vous venez de rencontrer Chloé Delaume. Une écriture d’abord, puis un sens précis de l’autofiction. Chloé le dit elle-même : « Je suis un personnage de fiction ». Elle joue avec vous mais ne ment pas : elle s’est créée dans sa propre glaise.
« La dernière fille avant la guerre » est un livre à tendance musical, publié chez Naïve, éditeur ascendant maison de disques. Il est ici question du groupe Indochine mais pas que. Et de Chloé, mais pas que. C’est avant tout l’histoire d’une rencontre, entre un auteur et un pan de la bande originale de son adolescence. Culture à la fois revendiquée et honteuse mais assurément constitutive (« J’ai compris que j’étais vivante puisque j’éprouvais du désir. Moi aussi j’aurais préféré que ce soit la faute à Wagner, manque de pot c’est tombé sur Nicolas Sirkis »), le récit s’articule dans une énergie quasi schizophrénique entre la voix de Chloé Delaume et celle d’Anne, moi pas si lointain du double-je habituel de l’auteur.
La musique a ce pouvoir de frapper à l’instinct, l’endroit suffisamment précis du cœur capable de relancer la machine. Ainsi, les pulsations d’Anne, ressuscitée par les musiques d’Indochine, achèvent de rendre à l’écriture de Chloé Delaume une âme franchement palpable et incarnée. Un texte précis et touchant, baignée d’une passion sincère et communicative.
« J’avais envie de l’avoir en moi, cette chanson. De l’avoir au-dedans pour toujours, disponible et incorporée. Il me suffirait de vouloir et aussitôt mon sang se boiterythmerait pendant que je cours loin, très loin, le plus loin qu’il peut être possible sans que rien ne puisse m’arrêter ».
+++Antoine
Prix éditeur : 12 euros
Editeur : Naive
Collection : Naive Sessions
Date de parution : 16/03/2007
ISBN : 2350210995
http://www.chloedelaume.net
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01.06.2007
Seance photos # Sid Honi
Seance photos avec Sid Honi pour la sortie du recueil


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Seance photos #Arnaud Février
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20.05.2007
Les saturniennes et les autopsies intimes
"Les Autopsies intimes est le premier recueil d’Antoine Dole, publié aux Editions du Cygne. En connaissant un peu ce qu’il écrit, des textes cinglants, des mots justes pour définir des sentiments pas toujours évidents, une sensibilité à fleur de peau, quelque chose de brut, et de diablement engagé dans sa vision du monde malgré tout, ce monde où l’humain tourne à l’envers, une horloge devenue folle capable du meilleur, capable du pire. Dans Les Autopsies intimes, il propose trente-trois nouvelles dont les histoires ont été écrites bien avant, dans les pages des journaux. Dans la peau des victimes, à la recherche de la faille, ses mots se brisent comme les destins et les sentiments, toujours eux, toujours aussi forts. De la colère, de la tristesse, une belle leçon d’humanité et d’amour, aussi, surtout. Quand la jeune mère pète un câble à cause de ce sale gamin qui s’époumone, les cris, les pleurs, elle n’en peut plus, ça la rend dingue. Quand cette vieille tombe, écrasée par la chaleur, par l’air lourd, et qu’elle, elle n’a plus la force de crier. Quand un avion s’écrase et qu’avec lui quasi le monde entier. Avec toujours ces histoires qu’on préfère, sans doute parce qu’elles touchent davantage. Sans barrière d’âge ou même de sexe, montrer que s’aimer vraiment c’est pas une question de norme, des personnages en quête ou en trouble d’identité, la galerie est longue, trente-trois portraits. Je les ai dévorés. Aujourd’hui, Antoine, j’ai envie de le lire en roman."
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Les chroniques de Mandor et les autopsies intimes
"J’ai hâte de suivre ses pérégrinations littéraires, car il a une belle plume. Fragile et forte, douloureusement ironique, même pas porteuse d’espoir. Mais belle. Une écriture qui trifouille l’intérieur et qui ne laisse pas de glace. Antoine Dole ne devrait pas rester inconnu longtemps."
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Culture Café et les autopsies intimes
Sans psychologie de comptoir, on devine sans peine qu’un kaléidoscope aussi noir révèle le malaise d’Antoine face à une société qu’il ne comprend ou n’admet pas. C’est ici son écriture compacte, souvent brutale, qui en dit le plus sur le fond de ses motivations. La première personne, employée sans exception, dépasse largement le propos du personnage, et dévoile une empathie avec les malheurs décrits. Mais l’ambiguité de ce style jette aussi au visage du lecteur des émotions pas toujours acceptables. Et qui seront, c’est sûr, repoussées d’un revers de main comme de la démagogie obscène par tous ceux qui refusent ce genre de textes extrêmes."
La chronique de Christophe Greuet en entier sur le site de Culture Café
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17.04.2007
Coup de scalpel
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04.04.2007
Le retour du blog
J'ecris...."L’idée de réouvrir un blog, ça me revient mollement. Le réflexe d’écrire en dehors de soi, mais pas dans la fiction, pas dans la gorge des autres. Douleurs palpables qui se gonflent comme des airbags. Se rappeler que les gens comme moi ne sont jamais tout à fait sereins. Y a toujours un carambolage qui se goupille pas loin."
Alors oui, logique peut être. Y revenir doucement.
Une nouvelle adresse. Autre chose.
Mon nouveau journal perso.
http://watchmeburn.hautetfort.com
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19.03.2007
En attendant l'Or - La soirée
Photos de la soirée de lancement du premier volume de "En attendant l'Or" le 15 mars dernier au Réservoir à Paris.
Un immense merci à Assane Timbo pour avoir prêté sa voix à nos mots. Un immense merci à Mayane et Louis pour le concert acoustique qui a définitivement fait de cette soirée un moment rare dont se souvenir...




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13.02.2007
En attendant l'Or à la radio
Retrouvez la rédaction de "En attendant l'Or" lundi 19 février prochain de 11h à 12h à l'émission de Nicolas Vidal sur Aligre FM!
L'émission est diffusée sur Paris et région parisienne, sur la fréquence 93.1
Ensemble nous discuterons du premier volume de la collection "En attendant l'Or" qui sort ces jours ci...
21:37 Lien permanent | Envoyer cette note
En attendant l'Or
Après avoir reçu pas loin de trois cent textes consécutivement à notre appel lancé via les blogs et différents webzines, le premier volume de la collection « En attendant l’Or » est né. 19 auteurs ont été choisis, pour la qualité de leur textes et de leurs univers, pour leur sensibilité et la singularité de leur voix.
19 auteurs réunis autour d’un thème, « l’errance », et venus d’horizons différents : l’univers des blogs, la scène musicale, le slam, l’amour des mots et l’envie de les partager.
Julia Kino, Pablo Krantz, Olivia Michel, Jérôme Bonnetto, Marylou Viennel, Antoine Dole, Caroline Petit, Patrick Tûan, Axl Cendres, Sylvie Del Nevo, Ritta Baddoura, Samuel Raharison, Laura Berent, Paul Austère, Isabelle Dumont, ainsi que la participation amicale de Max Monnehay, Aymeric Patricot, le chanteur Louis et Mayane Delem.
Une couverture réalisée par Marie Meier, illustratrice pour le magazine Rock’n’Folk, à qui l’on doit notamment la couverture du dernier opus de Virginie Despentes, « King Kong Theory ».
Le premier volume est en vente dans toutes les librairies (y compris Fnac) ainsi que sur internet (Fnac, amazon, etc.) au prix public de 12 euros.
SOYEZ NOMBREUX A PARTICIPER A L’EVENEMENT !
EN ATTENDANT L’OR
Publié aux éditions du Cygne
128 pages au format 13 x 20 broché
ISBN : 978-2-84924-025-0 ; 12 euros
21:25 Lien permanent | Envoyer cette note
16.11.2006
En attendant l'or #2
Le site internet de la Revue de création littéraire En attendant l'Or est en ligne, venez nombreux ;) Des infos sur la revue, la politique que nous souhaitons défendre, les textes que nous recherchons, l'équipe qui compose la rédac, ainsi que les contacts nécessaires pour nous faire parvenir vos textes ou poser vos questions éventuelles.
Le premier numéro paraîtra en mars 2007.
le site de la revue : www.enattendantlor.com
et la page myspace : www.myspace.com/enattendantlor
09:20 Lien permanent | Envoyer cette note
13.11.2006
En attendant l'or #1
Parce qu'en France, la littérature d'aujourd'hui s'éteint dans des bocaux, saoulée de formol et de tristes fin d'après midi à se taire sur des étagères. Parce que cette littérature nous la voulons dans la rue, sur les murs, les trottoirs, entre les mains. Parce nous voulons qu'elle ne ressemble à aucune autre, et s'épanouisse dans ses différences culturelles et ses différentes formes. Parce que nous l'aimons et que nous la voulons libre, et sans barrières.
Novembre 2006 , la naissance de la revue En attendant l'Or, la revue des auteurs de la scène littéraire alternative d'aujourd'hui et de demain, talents émergeants et plumes singulières, qu'un circuit sclérosé condamne, par une politique du moindre risque, à rester perdus là dans la masse. Cette revue, c'est le travail de passionnés, de la littérature d'abord, puis de la liberté de création par extension. A la source, on retrouve Antoine Dole, Olivia Michel et Laura Berent.
Changer le monde, avec des mots...une envie, un rêve. Parce que les choses ne nous conviennent pas comme elles sont, et que l'on ne peut s'en satisfaire.
Un premier numéro prévu pour début 2007, en partenariat avec les éditions du Cygne qui s'occuperont de la publication et de la diffusion, une distribution en France et en Belgique. Ce premier numéro sera réalisé grâce aux textes de différents auteurs issus du net. Ecriture à la verticale, comme un forage à l'intérieur de soi, une écriture du sur place, qui n'a d'autre but que de témoigner, de dire.
En vue de la préparation du premier numéro, En attendant l'Or lance un appel aux auteurs du net (wanna be ou confirmés) : textes de chansons, nouvelles, textes, portraits, le tout sur un format court ou long à adresser sur l'email suivant avec quelques infos sur vous : enattendantlor@voila.fr (illustrateurs et photographes sont les bienvenus aussi!)
Merci de votre participation ;)
17:00 Lien permanent | Envoyer cette note
31.10.2006
Fan #3
Pascale Daniel. Je la rencontre hier, à l'émission de Nicolas Vidal, sur Aligre FM. Comme une corde de guitare, longiligne, presque fragile, tantôt grave ou légère, touchante, avec son coeur acoustique, pas trafiquée ni rien. Artiste libre, sincérité de sa démarche, désarmante, rare. Elle pourrait être l’héroïne d’un poème, elle qui aimerait se salir sous les doigts de Cassavetes. Mais elle chante, sur des mélodies qui m’inspirent, hypnotiques et précieuses, d’une voix aérienne, presque mystique.
Pour les accros de la référence, c’est à elle que l’on doit « Tant de belles choses » de Françoise Hardy, ainsi que « Sur quel volcan ? » et « Tard dans la nuit ».
Pascale Daniel, en show case vendredi 3 novembre 2006 au Mange Disque (58 rue de la Fontaine au Roi, 75011 Paris), pour présenter la sortie de son single, « Paris au mois d’août » (en téléchargement légal sur : ITunes, Virgin Méga, Fnac Music ), et le reste de son album.
Vite, y aura pas de la place pour tout le monde.
10:10 Lien permanent | Envoyer cette note
12.10.2006
ITW #2
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Antoine Dole prochainement invité dans l'émission de Nicolas Vidal, le 30 octobre 2006, sur Aligre FM (93.1 sur Paris et région parisienne), de 11h à 12h dans son émission "Petite Compagnie deviendra Grande" pour discuter du roman "Les Corps Abstraits" et de l'aventure blog.
"Faire de la radio, c'est être à l'écoute de voix nouvelles qui, par la musique, le spectacle, l'art ou la littérature, s'expriment avec qualité et authenticité. En radio comme en art, il n'est d'avancée possible sans courage ni sans risque ! Mais rien de plus passionnant que d'être partie prenante, jusque dans ses tâtonnements, de l'édification de la culture de demain !". Aligre FM
16:50 Lien permanent | Envoyer cette note
Artwork #1
Un jeune auteur belge de 31 ans, sort le 14 novembre prochain un recueil de nouvelles dont j'ai réalisé la couverture. Il s'agit d'une photo issue de l'expo "Next Doll Please" de début 2006.
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16:35 Lien permanent | Envoyer cette note
25.09.2006
Fan #2
"La Gamberge" - Diam's - Extrait du CD double Collector "Au tour de ma bulle - Live"
"Je rappe, mes plaies ouvertes, cicatrices sur le corps, mon seul caprice c’est la mort depuis que j’ai goûté à l’or. J’ai tout : le succès et la forme, moi petite môme dans la fusée j’ai refusé d’être accusée à tort. Je voulais balafrer la vie, je voulais qu’elle me baise les baskets, qu’elle se taise ou qu’elle me crève mais qu’elle me guette. Aucun reflet dans le regard du daron, pas étonnant que la baronne ne se contente pas du baron, bah non. Elle a des couilles la petite c’est ce qu’ils disent, mais elle a la trouille la petite quand les lumières se tamisent. Derrière la scène, je suis seule avec mon mic, maîtrisant le trac, faisant jumper l’Elysée Montmartre. Des milliers de mains se tendent, et mes peines à moi se vendent, cependant j’ai comme l’impression de me pendre quand je rentre. Seule dans le salon, seule avec ma sueur, elle est pas belle la vie ma sœur quand tu t’endors avec la peur. Guerrière, j’ai pris les armes pour donner un sens à mes larmes, l’essence est là mais le moteur est en panne. Alors, six pieds sous terre ou sous tous vos spotlights, ex suicidaire je reste mal dans mes nike. Hier dans le désert, aujourd’hui dans ma bulle, parait que certains m’adulent, ils devraient pas j’suis perdue. Paranoïaque, c’est la seule chose qui me sauve, j’en ai marre des faux moi ce qu’il me faut c’est un fauve, ouais. Et mon linge sale je le lave en public, quitte à subir le lynchage je deviens même impudique. Je me venge étrangement parce que la vie me dérange, j’aimerais faire du rangement, bercer mes démons à coups de pompe. La mélancolie me perce car l’amour me refoule, alors je les rends fous, je sais que c’est pas cool mais je m’en fous. Du coup, j’attends plus rien des relations humaines, j’ai déjà trop donné de cœur et on m’a trop rendu de coups. Je vis en solitaire, la gamberge dans le vers, le rap me donne des ailes alors je vous observe depuis le ciel. Depuis des siècles, on vit de déchirures et de larmes, moi je suis là hélas pour ceux qui m’avais mis le bonne d’âne. Mal dans mes nike, en pleine crise d’adolescence, j’ai beau grimper dans les ventes, je ne pense qu’à la descente. Trop cérébrale, trop triste pour un seul homme, alors je reste seule contant mes peines au microphone."
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15.09.2006
Fan #1
"King Kong Theorie" Virginie Despentes, essai publié aux editions Grasset, sortie 4 octobre 2006.
Extrait (3 pages) dans les Inrocks n°565
« J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas humiliée, travaillant mais sans trop réussir, mince mais pas névrosée par la bouffe, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons, je ne l’ai jamais croisée nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas. » V.D.


